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mardi 2 avril 2019

La Main gauche de la nuit, par Ursula Le Guin


Illustration de Wojtek Siudmak
Présentation
       La Main gauche de la nuit est un roman d'Ursula Le Guin. Il a remporté les prix Nebula et Hugo du meilleur roman de science-fiction en 1969 et 1970. Les éditeur·rices ont souvent cherché à insérer ce roman dans un cycle (Cycle de l'Ekumen, Cycle de Hain ou La Ligue de tous les mondes, selon les maisons d'édition). Ursula Le Guin indique cependant qu'elle n'a jamais voulu de ces cycles, que la somme de ces romans ne forme en aucune façon une histoire cohérente, et que chaque récit peut être lu indépendamment des autres, sans ordre précis. La Main gauche de la nuit a été traduit en français par Jean Bailhache. Palmarès oblige, le livre a connu plus d'une dizaine d’éditions illustrées par Pierre Faucheux, Wojtek Siudmak ou Alain Brion. Parmi les dernières en date, on trouve également de très beaux visuels réalisés par une femme, Jackie Paternoster. C'est tellement rare, surtout en SF, que cela mérite d'être souligné. Et pour une fois, les illustrations ne montrent pas inutilement de femme nue, et elles collent parfaitement au texte, ce qui n’est pas courant non plus !




Illustration de Jackie Paternoster

Le livre proprement dit
       Genly Aï, un ambassadeur terrien, est envoyé sur la planète Nivôse, pour proposer à ses dirigeants un traité d'alliance pacifique. Il nous raconte son quotidien, et comment il est l'instrument des diverses factions politiques. Elles se servent de lui, à tour de rôle, pour faire valoir leur suprématie ou régler leurs vieilles querelles personnelles. Malheureusement pour Genly, l’environnement est doublement hostile : son traité n’intéresse personne, et les conditions climatiques de la planète sont épouvantables.

Une photo de NRKbeta sur Unsplash *

       Ce livre offre plusieurs niveaux de lecture, et chacun l’interprète à l’aune de ses propres croyances, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses espérances ou de ses revendications. Certain·es y voient un plaidoyer en faveur de l'homosexualité, d'autres un hommage (à quand le mot « femmage » ou tout du moins un terme moins genré ?) au féminisme. D’autres croient même y déceler une critique contre l'ex-URSS, le livre ayant été publié en 1969, en pleine guerre froide. Pour ma part, j’y vois le long et difficile apprentissage de l'autre, la nécessité de respecter tout être vivant, pour finalement aboutir à l'acceptation de toutes les différences, qu'elles soient culturelles, sexuelles ou idéologiques. Que cela se situe au sein de votre couple, parmi la société qui vous entoure ou à l’échelle intergalactique ! La Main gauche de la nuit et un beau roman sur la différence et la trahison, l'amitié et le respect.
       La Main gauche de la nuit est souvent considéré comme un grand roman féministe. Néanmoins, sur la planète Nivôse, il n’y a absolument aucune femme, seulement des êtres « neutres » qui connaissent des cycles d’activité et, pourrait-on dire, d’activation sexuelles. Ils deviennent homme ou femme pour quelques jours, aléatoirement, et peuvent se reproduire. Ensuite, ils redeviennent « neutres ». De plus, quand l’autrice parle des femmes sur la Terre, elle n’hésite pas à recourir à des clichés assez énormes qui, aujourd’hui, seraient immédiatement taxés de misogynie. Ces stéréotypes sont probablement le reflet de l’époque à laquelle le livre a été écrit. Ils présentent une image tellement archétypale, voire caricaturale, de la femme que tout le monde comprend immédiatement de quoi il s’agit. J’ai choisi d’interpréter cela au second degré, sachant que de toute manière, ces propos restent très anecdotiques sur les 350 pages du roman. La réflexion de l’autrice porte plutôt sur l’Autre – autre sexuel ou autre d’un autre pays ou d’une autre planète, et qui possède par conséquent une autre culture, une autre langue, une autre façon de se nourrir, de se vêtir, d’autres coutumes et d’autres lois, etc.

       Pour celles et ceux qui craindraient l’omniprésence de cette question de genre ou de sexualité dans le roman, il faut signaler que c’est l’aspect le plus souvent relevé, car le plus racoleur. Mais il occupe à peine un quart du livre, le reste étant consacré aux intrigues politiques, et à la découverte des différents pays de la planète Nivôse.
      
       Ursula Le Guin a une écriture précise, lente et exigeante. La Main gauche de la nuit est un roman atypique et propose une narration très soignée. Le roman vous offre un dépaysement total, vous avez vraiment l'impression d'être sur place, vous connaissez les coutumes et les expressions idiomatiques des différents pays traversés. Fait très étrange, le récit, au lieu d’accélérer en seconde partie comme on le voit souvent, ralentit énormément avec une description très longue (un peu trop ?) d’une progression à marche forcée dans des conditions climatiques catastrophiques. Lisez La Main gauche de la nuit par temps de canicule, vous bénéficierez de tous les avantages d’une climatisation glaciale à prix dérisoire !
    


Une photo de Jonatan Pie sur Unsplash *

Le court extrait

       « – Bien rares sont les Orgota qui savent faire la cuisine. Moi, haïr l'Orgoreyn ? Non. Je n'ai aucune raison de haïr ce pays. Et d'abord, comment peut-on haïr un pays ? Tibe en est capable, à en juger par ses discours. Moi, j'en suis foncièrement incapable. Je connais des hommes, des villes, des fermes, des collines et des rivières et des rochers, je sais comment les rayons du soleil couchant éclairent à l'automne les mottes d'un certains champ labouré au flanc d'une colline. Que vient faire une frontière dans tout cela ? Ça ne rien à rien. Vérité en deçà, erreur au-delà – voilà que je cite vos grands hommes ! Pour aimer son pays, faut-il haïr les autres ? Si oui, le patriotisme n'est pas une bonne chose. Si ce n'est qu'une forme d'amour-propre, alors c'est une bonne chose, mais dont il faut éviter de faire profession, ou de faire parade comme d'une vertu. J'aime les collines du Domaine d'Estre parce que j'aime la vie, mais c'est un amour d'une nature telle qu'il ne saurait se changer en haine au-delà d'une certaine ligne de démarcation. »


Une photo de Clem Onojeghuo sur Pexels


La notice de l'autrice
       Ursula Le Guin est née en Californie en 1929. Elle est décédé en janvier 2018, à l'âge de 88 ans. Elle s’est intéressée de près à l’anthropologie et à la sociologie. Elle a suivi des études d'ethnologie, et elle est diplômée en littérature. Elle a même présenté une thèse en France, sur Pierre de Ronsard. C'est une des écrivaines les plus connues des littératures de l'imaginaire. Son talent s’exerce sous diverses formes : romans, nouvelles, poèmes, livres pour enfants ou même essais. Elle a également été critique littéraire, et a enseigné dans plusieurs grandes universités américaines.
       La Main gauche la nuit est le roman qui l'a rendue mondialement célèbre, en 1969. Il a reçu le prix Hugo et le prix Nebula du meilleur roman, faisant de son autrice la première femme à recevoir ces deux prix. Ursula le Guin a ainsi ouvert la porte à de nombreuses écrivaines de science-fiction. Alors qu’elles s’étaient souvent cachées derrière des pseudonymes « neutres » (C.J. Cherryh, C.L. Moore) ou des prénoms « ambigus », par exemple Leigh Brackett dont nous avons déjà parlé, ou Andre Norton (pour Alice Mary Norton), les femmes ont commencé à utiliser leur véritable nom, sans chercher à se faire passer pour des hommes. La science-fiction était réputée être un genre écrit par des hommes pour des hommes. À partir des années 1970, elle commence à accueillir de nombreuses femmes en son sein, permettant ainsi de renouveler le public des lecteur·rices, et surtout d’amener de nouvelles idées à explorer.


Ursula Le Guin. Photo par Eileen Gunn **

Honneur suprême
       Ursula Le Guin ne se considère pas comme autrice de science-fiction, mais comme « romancière et poétesse ». Elle regrette que les écrivain·es de science-fiction ne soient pas reconnu·es à leur juste valeur, et soient toujours exclu·es des grands prix littéraires au profit des écrivain·es « réalistes ».
       Son œuvre a été de multiples fois primée par les prix Hugo, Locus ou Nebula. C’est la première, et l’une des rares, femmes à avoir reçu le titre de « Grande Maîtresse de la Science-fiction » (Grandmaster of Science Fiction). Ce prix est attribué par l’association américaine des auteurs de science-fiction et de fantasy (Science Fiction Writers of America ou SFWA) depuis 1975. Il récompense un auteur ou une autrice vivant·e, pour l’ensemble de son œuvre. Il aura fallu attendre presque trente ans pour qu’une femme soit récompensée, et c’est Ursula Le Guin qui, la première, a reçu cet honneur bien mérité. Ursula Le Guin a même été pressentie à plusieurs reprises pour recevoir la consécration suprême, à savoir le prix Nobel de Littérature, même si son décès a brutalement mis fin ces folles espérances.

Invisibilisation
       L'invisibilisation des femmes est un processus qui, dans le monde qui nous entoure, tend à masquer les œuvres des femmes, et les femmes elles-mêmes. Les femmes représentant la moitié de l’humanité, comment cela est-il possible ? Tout simplement, parce que ce sont souvent des hommes qui occupent les postes clés et qui décident, par exemple des sujets des bacs (où, en France, aucune œuvre de femme n'a jamais officiellement figuré au programme du bac littéraire). Ou ce sont majoritairement les hommes qui sont membres dans les grands prix littéraires et décernent les prix (tout le monde se souvient des polémiques violentes qui ont accompagné le festival de B.D. d'Angoulême il y a quelques années). Qui se rappelle, par exemple, avoir étudié l'œuvre dramaturgique d'une femme à l'école, ou d'avoir assisté à la représentation d'une de ces autrices dramaturges ? Il y en a eu beaucoup par le passé, mais toutes ont été oubliées, pour ne pas dire effacées. On ne les étudie pas à l’école, elles ne figurent dans aucun manuel scolaire, on ne donne jamais leurs noms à des rues (seulement 2% des rues en France portent un nom de femme). Peu à peu, on les oublie. Mais, me direz-vous, l'œuvre d'Ursula Le Guin est fondatrice, il est impensable qu'on l'oublie aussi vite. Figurez-vous que je suis un peu moins optimiste que vous. Ursula Le Guin est décédée très récemment, en 2018. Je vous donne rendez-vous dans dix ans, et nous verrons si ses livres sont toujours autant réédités, et distribués partout dans le monde, et notamment en France. Personnellement, je tiens à mon intégrité physique, et je n'en mettrais pas ma main (gauche !) à couper.


       La question de l’invisibilisation des femmes est très vaste et mérite une réflexion bien plus approfondie que ce que permet cet humble blog. Je vous laisse creuser ce sujet par vous-même, et je continue mes petits articles sur les autrices de science-fiction. Avant qu’on ne les oublie définitivement.


       Bonne lecture !


Vous aimerez aussi :
♦ Le Secret de Sinharat, par Leigh Brackett

♦ Les Yeux d’ambre, de Joan D. Vinge




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vendredi 8 mars 2019

Les Yeux d’ambre, de Joan D. Vinge



       La chronique précédente ayant rencontré un franc succès, je me réjouis aujourd’hui de vous présenter une nouvelle œuvre de science-fiction féminine : Les Yeux d’ambre, de Joan D. Vinge. Le livre est paru en 1980, dans la collection Le Masque Science-fiction. Il a été traduit par Jean-Pierre Pugi, et la couverture en a été illustrée par Philippe Adamov puis, pour ses rééditions chez J’ai Lu, par Barclay Shaw.



       Je vais avoir beaucoup de mal à rester impartiale dans cette chronique pour deux raisons : je suis fan de la collection Le Masque Science-fiction (je les collectionne, c’est pour dire !) et j’aime beaucoup les textes de Joan D. Vinge.

Présentation


       Les éditions Le Masque ont été fondées en 1925 et se sont immédiatement spécialisées dans le roman policier. En 1974, est lancé Le Masque Science-fiction, qui perdurera jusqu’en 1981 et permettra de publier plus d’une centaine d’ouvrages. Les traductions laissent souvent à désirer (probablement faites dans l’urgence), certains ouvrages sont bourrés de fautes d’orthographe et de grammaire (ne jamais négliger le travail des correcteur·rices !), certains livres n’ont même aucun intérêt. Les éditeur·rices, quel que soit leur domaine, rééditent énormément d’anciens titres, des « valeurs sûres », des noms connus qui se vendront forcément. Mais la collection Le Masque Science-fiction présente un avantage immense par rapport à ses concurrents : elle ne publie que des inédits, pour le plus grand plaisir de ses lecteur·rices. Et parmi ces inédits, on trouve parfois de purs chef-d’œuvres, qu’il aurait été dommage de ne pas porter à la connaissance du public.

Les remarques qui font tache


       En début d’ouvrage, on peut lire une présentation succincte de l’autrice. Et qu’y apprend-on ? Qu’elle est « jeune et jolie ». On n’évalue pas son œuvre, remarquez bien, on se permet de porter un jugement sur son physique. Est-ce pertinent ? À quoi cela peut-il bien servir ? Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’une femme d’écrire, à propos d’un auteur, qu’il est « grand et chauve », « jeune et brun » ou même « de taille normale et beau gosse » ? 
       Cette observation a été écrite en 1980, lors de la publication du livre. Joan D. Vinge avait alors trente-deux ans. Mais que dirait-on, maintenant ? Qu’elle est vieille et moche ? Est-ce ce qui compte, vraiment ? Si elle est vieille et moche, son œuvre en est-elle moins intéressante pour autant ? Est-ce qu’on s’amuse à mesurer la largeur d’épaules d’un homme afin de déterminer si ce qu’il écrit vaut le coup ?
       Remarquez aussi que si l’autrice n’est pas sublime, ce n’est pas très grave, on ne dira rien. En tout cas, rien sur son physique. Mais allez savoir pourquoi, on va aller chercher avec qui elle a des relations, avec qui elle est mariée. Et ça ne loupe pas dans cette mini-présentation de Joan D. Vinge. Le rédacteur ne doit pas être tout à fait convaincu par les qualités plastiques de l’autrice, alors il nous indique le nom de son mari. Comme si ça faisait d’elle une meilleure écrivaine ! Mais si elle n’était pas mariée, ses œuvres seraient-elles bidon, mauvaises, inintéressantes ? Est-ce que, lorsqu’il s’agit d’un auteur, on va chercher avec qui il est marié pour justifier ce qu’il écrit ?
       Le commentaire est d’autant moins pertinent qu’il est marqué dans le temps. Un mariage n’est pas forcément éternel, il arrive que les gens se séparent ou divorcent. Donc à quoi cela nous sert-il de savoir que telle ou telle autrice est mariée, et avec qui ? Cela lui donne-t-il plus de crédibilité ? Et pourquoi ?
       À croire qu’on est incapable d’envisager posément ce qu’une femme fait, pour ce qu’elle fait, sans aller chercher ailleurs toutes sorte de considérations qui n’ont rien à voir avec le sujet.
       Ces remarques ne sont pas spécifiques aux éditions du Masque, ce serait trop beau ! On les retrouve très fréquemment, sur tous les supports, et quel que soit le domaine, dès qu’il s’agit d’une autrice. Ces mots déplacés sont d’autant plus regrettables, ici, qu’ils sont en totale contradiction avec l’œuvre qui suit, toute de finesse et de délicatesse.


Le livre proprement dit


       Les Yeux d’ambre est un recueil d’un peu plus de 300 pages. Il comporte cinq nouvelles écrites entre 1974 et 1978. Les textes sont, à mes yeux, de qualité inégale. Mais si les trois du milieu semblent un peu moins intéressants, le premier et le dernier sont tout bonnement extraordinaires, et méritent à eux seuls qu’on lise le livre.

       • Les Yeux d’ambre, la nouvelle qui donne son titre au recueil, nous raconte une histoire assez étrange qui se déroule sur Titan. C’est une histoire de vengeance, de superstition et de croyances dans un monde aux coutumes très éloignées des nôtres. Le départ, que l’on croirait tout droit issu d’un ouvrage de fantasy, est quelque peu déroutant. Mais bien sûr, tout s’éclaire peu à peu. Ce récit a été récompensé par le prix Hugo de la meilleure « nouvelle longue » (texte comprenant 7 500 à 17 500 mots) en 1978.

Image DasWortgewand sur Pixabay *

       • Depuis des Hauteurs impensables, la deuxième nouvelle, m’a semblé très décevante. À vrai dire, j’ignore si elle est vraiment décevante ou si la première nouvelle nous emmène tellement loin qu’on a du mal à reprendre pied. Heureusement, cette histoire est très courte, elle ne fait que vingt pages. Elle nous conte l’histoire d’une femme enfermée dans une sonde spatiale, et comment elle est arrivée là. On pourrait dire que c’est une histoire d’espoir, de révolte et de résignation. Une histoire peut-être novatrice à l’époque, mais qui semble aujourd’hui par trop classique. D’ailleurs, j’ai peut-être raté quelque chose, dans la mesure où ce texte a été nommé aux prix Analog, Locus et Hugo en 1978 et 1979, sans toutefois remporter la première place.

       • J’ai abordé Mediaman, la troisième nouvelle, avec quelque méfiance. Mais c’est une très bonne histoire, un peu dure. Une histoire de pouvoir, de mépris, de trahison et de vengeance. Le début semble un peu long, mais l’aventure devient très vite palpitante, voire… oppressante !

Lever de soleil sur la Terre, vu par l'équipage de la navette Columbia en 2003 - Image Copyright NASA

       • La quatrième nouvelle, L’Aide du colporteur, nous narre les aventures d’un colporteur qui sillonne un pays de montagnes et de plaines. Il est escorté par une bande de malfrats qui, au lieu d’assurer sa protection, comptent bien le détrousser. C’est une histoire de soumission, de domination, de magie et de peur. C’est aussi l’histoire du contrôle d’un peuple par un gouvernement manipulateur. Là encore, l’histoire est abordée d’une façon qui semble assez classique de nos jours, mais c’est une narration non dépourvue de merveilleux.

       • Heureusement, la cinquième et dernière nouvelle, Soldat de Plomb, est tout à fait remarquable. Elle nous parle de la différence, de l’amour et l’amitié, du temps qui passe. Le Soldat de plomb, c’est le nom d’un bar, quelque part dans la galaxie, où se retrouvent les astronautes après leurs voyages. Bien sûr, les lecteurs·trices avisé·es auront tout de suite remarqué que le titre ressemble à s’y méprendre à celui d’un conte de Hans Christian Andersen : L'intrépide (Le Petit/Le Stoïque) Soldat de plomb. Joan D. Vinge ne cache d’ailleurs pas s’être inspirée de ce récit pour créer cette magnifique nouvelle.

Photo Edi Libedinsky (@supernov) sur Unsplash *

Court extrait


(Soldat de plomb)

        « Telle une perle sans défaut, le vaisseau traversa la robe de lumière en lambeaux des Pléiades et tomba dans les eaux nocturnes de la baie. Il émergea pour ballotter doucement au sein d’une chaîne de points brillants qui s’étirait jusqu’au rivage. L’œil vigilant du port cilla une fois et la nef stellaire lui rendit son signal. Pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants, Nouveau Pirée, entassé sur les collines, envoyait dans la baie son tribut de lumière empli de sons, de luminosité, et de promesses irréfléchies. Les filles de l’équipage souriaient, impatientes, alors qu’elles regardaient à travers la coque transparente. L’une d’elles rit nerveusement. »

La « jeune et jolie » Joan D. Vinge
Photo de Ellen sur Flickr **

La notice de l’autrice


       Joan D. Vinge (pour celles·ceux que ça intéresse, on prononce "Vindji") est une autrice américaine née en 1948 à Baltimore, dans le Maryland. Elle est diplômée d'anthropologie.
       À 26 ans, elle publie son premier récit de SF, Le Soldat de plomb, suivis de nombreux autres, dans des magazines et des anthologies de science-fiction. Elle a écrit de nombreuses novélisations (romans tirés de films, et non le contraire) dans des univers aussi différents que ceux de Tarzan, Ladyhawke, Star Wars, Madmax, Willow etc. 
       Elle publie aussi des romans regroupés en cycles. Parmi les plus connus, on peut citer Le Cycle de Tiamat avec, entre autres, La Reine des neiges (Prix Locus et Prix Hugo 1981) et Finismonde ou Le Cycle de Cat (Cat le Psion). Joan D. Vinge écrit aussi de la poésie. Ses œuvres ont souvent été nommées et primées dans les plus grands concours de science-fiction. Joan D Vinge possède une belle écriture, très visuelle, précise, fluide et colorée. Il serait dommage de vous en priver.

       Bonne lecture !



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jeudi 31 janvier 2019

Le Secret de Sinharat, par Leigh Brackett




          Le Secret de Sinharat est un court roman de Leigh Brackett. Il a été publié pour la première fois en 1949, dans le magazine Planet Stories, sous le titre de Queen of the Martian Catacombs. Il a ensuite été réécrit et modifié pour être à nouveau publié, sous son titre actuel, en 1964. Il a été traduit en français par Pascale Aubignan, illustré par Philippe Caza et, plus tard, par Wojtek Siudmak. Comme souvent dans ce genre de bouquin, l’illustration n’a pas grand-chose à voir avec le texte.



          L’intrigue se déroule sur la planète Mars. Elle met en scène le grand, le beau, le fort Eric John Stark, personnage créé par Leigh Brackett, que l’on retrouve dans toute une série de pulps des années 40 et 50. Ce héros a influencé nombre d’écrivain·es, parmi lesquel·les on compte le célèbre Michael Moorcock. 

          La quatrième de couverture nous promet les aventures d’un agent de la police terrienne, infiltré parmi des chefs barbares qui s'apprêtent à entrer en guerre. Mais le héros va découvrir que leurs motivations ne sont pas aussi désintéressées qu’on aurait pu l’espérer.
           Le récit est bien écrit. Le début est un peu long et tout s'accélère en seconde partie, comme bien souvent dans ce genre de romans. Bien que l'histoire se déroule sur Mars, on se balade tranquillement dans son atmosphère (composée, rappelons-le, à 96% de gaz carbonique), sans masque, sans respirateur et sans scaphandre. Le récit est très orientalisant, mais beaucoup moins profond qu’un Dune, par exemple, qui allait sortir un an plus tard.

Planet Stories (image du Domaine Public)


          À vrai dire, je n'ai pas aimé ce livre. Il est classé en science-fiction, mais mis à part le lieu, il n'a rien d'un livre de SF. Dans sa réédition, il a été classé en Fantasy, ce qui lui convient beaucoup mieux. Comme j'aime la SF « dure » et les space opera intergalactiques avec des vaisseaux énormes, et intelligents, des univers dystopiques oppressants ou des corporations qui s'entredéchirent dans des univers post-apocalyptique, je suis forcément restée sur ma faim. Mais le roman plaira à tous les fans de « barbare(s) à la haute taille » et de « héros à épaules carrées ».


Court extrait

          « Stark la vit se profiler dans le ciel matinal, cité de marbre couronnant un îlot de corail que la mer avait découvert en se retirant. L’île de corail se dressait, massive, dans la clarté crue du soleil. Des diaprures d’un incarnat et d’un blanc intenses, d’un rose délicat, en striaient merveilleusement les falaises nues et, de ce gracieux piédestal jaillissaient des murs et des tours marmoréens aux teintes innombrables si parfaitement travaillés et si finement sculptés par le temps qu’il était difficile de dire où commençait et où finissait le travail des hommes. Sinharat, la Vivante-à-Jamais. »


Leigh Brackett (image du Domaine Public)

La notice de l'autrice

          Leigh Brackett est née en Californie en 1915, et décédée en 1978, à l'âge de 63 ans. Elle figure parmi les écrivain·es majeur·es de son temps, même si on l’a surnommée « La Reine du space opera », expression qui, à l’époque, relevait plus de l’insulte que de l’éloge. La science-fiction n’était déjà pas très bien vue, alors que dire du space opera, un sous-genre de très mauvaise réputation ! Première femme nommée pour le prix Hugo en 1956, pour Le Recommencement, Leigh Brackett a écrit plusieurs romans de science-fiction, plusieurs cycles de fantasy, de nombreuses nouvelles et même quelques romans policiers. C’est d'ailleurs grâce à l’un d’entre eux, No Good Time for a Corpse (1944, non traduit en français) qu’elle attire l’attention de Howard Hawks. Le réalisateur est tellement impressionné par ce roman qu’il souhaite à tout prix travailler avec… « cet auteur ». Le fait que cet auteur soit une autrice ne semble cependant pas l’avoir rebuté, puisque Leigh Brackett participe par la suite à l’écriture de plusieurs très grands classiques, tels que Le Grand Sommeil aux côtés, entre autres, de William Faulkner, Rio Bravo, Hatari !, El Dorado, et Rio Lobo. C’est également elle qui écrit le scénario du film Le Privé, de Robert Altman, en 1973, d’après un roman de Raymond Chandler. 


De gauche à droite Howard Hawks, Leigh Brackett, une dame dont le nom n'est pas cité, Lauren Bacall, Humphrey Bogart, et un monsieur dont le nom n'est pas mentionné. Sur le tournage du film Le Grand SommeilPhoto Wolf Tracer, 1946


          Bien que ses jeunes années aient été les plus productives, Leigh Brackett n'a jamais cessé d'écrire. Juste avant son décès, en 1978, elle remet à George Lucas la première ébauche de scénario pour L'Empire contre-attaque. Les versions ultérieures ont été réécrites par Lawrence Kasdan et George Lucas lui-même, mais Leigh Brackett reste créditée en tant que co-scénariste de cet immense succès cinématographique.



          Vous ne connaissiez pas Leigh Brackett ? En fait, si, vous la connaissiez certainement sans le savoir. C’est une figure très importante de la science-fiction. Retenez bien le nom de cette femme. Leigh Brackett continue à exercer son influence, et on retrouve son empreinte, aujourd’hui encore, dans les œuvres les plus récentes de la culture populaire.

          Bonne lecture !



Un avis fort différent, et tout à fait passionnant, à lire sur l'excellent "Lorhkan et les mauvais genres" ► ICI


vendredi 17 août 2018

[Ciste] "La ciste de David Vincent"


Bonjour.
Voici l'énigme pour résoudre la ciste n°144853. Elle s'intitule "La ciste de David Vincent" et a pour localisation : "Yonne - Jovinien". Le contenant est un gros flacon d'analyse permettant le dépôt de gros objets. À la date du 17 août 2018, il contient (liste susceptible de modifications, bien entendu !) : un vaisseau spatial rose, un demi-cosmonaute, un chien robot extra-terrestre, un dragon orange extra-terrestre, un œil d'alien fluorescent, un extra-terrestre peintre violet, une fleur galactique.
Pour enregistrer votre visite des lieux, veuillez vous rendre sur (lien direct) : www.cistes.net

Énigme :
Les envahisseurs, ces êtres étranges venus d'une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé dans l’Yonne, par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, entre Bussy-le-Repos et Saint-Julien-du-Sault, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par l'atterrissage de quatre vaisseaux venus d'une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là. Il a exploré les vaisseaux et a réuni toutes les preuves avant de se faire repérer. En s’enfuyant, David a pris soin de cacher lesdites preuves sous une vieille souche, à droite, en débouchant sur la clairière abritant le plus gros vaisseau, celui en forme de boule. 
Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé...

Bonnes recherches ! :)


Vous aimerez aussi :
♦ Jeu de Ciste

La Ciste du Photographe raté
♣ Le Jeu des 7 erreurs (ou plus)
♣ "Pas légères pour tous"

♣ La Siste plène de photes et de rat-hures
♣ La Ciste de la gratitude        
♣ Le Trésor des bateliers         
♣ La Ciste de Jean       
♣ Ciste minimaliste : Arche       
♣ La Ciste de la source magique         
♣ La Ciste des huit côtés   


jeudi 16 août 2018

[Ciste] "Ma Ciste bien aimée"

Bonjour.

Voici l'énigme pour résoudre la ciste n°145185. Elle s'intitule "Ma ciste bien aimée" et a pour localisation : "Yonne - Florentinois". Le contenant est un flacon d'analyse et, à la date du 17 août 2018, il contient (liste susceptible de modifications, bien entendu !) : Pierre de Lune, Chat d'Argent, Crapaud (pour la bave), Balai volant, Champignon empoisonné.
Pour enregistrer votre visite des lieux, veuillez vous rendre sur (lien direct) : www.cistes.net.

Énigme :
Ça devient vraiment n'importe quoi ! Voilà que maintenant, elles se baladent en avion et en planeur. On en a même vu qui sautaient en parachute ou qui jouaient aux dames ! Rejoins leur village via la départementale (ou en avion, si tu veux). L'une d'elles a laissé son portrait, en pied et en balai, à une entrée de la commune. Le petit chemin derrière, au bout de la clôture de droite, à l'angle, sous quelques pierres.

Bonnes recherches ! :)

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♦ Jeu de Ciste

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♣ Ciste minimaliste : Arche
♣ La Ciste de la source magique 
♣ La Ciste des huit côtés 
 


jeudi 22 mars 2018

Cocagne, jeu édité par Carlit et interprété par Zoufris Maracas



          Cocagne, le jeu édité par Carlit dans les années 70, ne passerait probablement pas la censure de nos jours. Il est vrai que l’illustrateur y affiche un amour immodéré pour Orange mécanique, et son maquillage oculaire outrancier.



          Et pourtant, il faut l’affirmer bien fort : Cocagne est un jeu non-violent. Cocagne, c’est le jeu de mon enfance. À vrai dire, je l’avais complètement oublié, jusqu’au jour où, il y a une dizaine d’années, j’ai aperçu la boîte au détour d’un vide-greniers. Les battements de mon cœur se sont emballés. Pire, lorsque la dame a soulevé le couvercle pour me montrer l’intérieur, j’étais au bord de l’apoplexie. Mais le snobisme étant une tare fort répandue chez nombre de joueurs, dont je fais partie, j’ai trouvé le principe du jeu stupide et, avec le plus grand mépris, j’ai délaissé la boîte. Bien mal m’en a pris, puisque j’ai passé les dix années suivantes à essayer de retrouver cette dame, chaque année, sur ce vide-greniers et tous ceux alentour, et que j’ai désespérément cherché ce jeu partout. Heureusement, mon mari, que je remercie du fond du cœur, a réussi à s’en procurer une des dernières copies en circulation.



          Conformément à ce qui est indiqué sur la boîte, Cocagne est un jeu de hasard, d’action et de génie. Le hasard provient du fait que vous devez faire tourner une flèche qui va vous indiquer une couleur. À partir de ce moment intervient l’action proprement dite, l’action pure et dure : vous insérez la bille dans un des cinq trous indiqué par la couleur précédemment déterminée. Il y a cinq trous de départ, pour quatre d’arrivée. La bille disparaît alors totalement. Vous entendez un gros bruit de tuyauterie, comme si votre bille était longuement digérée, jusqu’à ce qu’elle réapparaisse, comme par magie, dans un trou marqué d’un symbole. Le symbole vous indique la couleur de la carte à piocher parmi quatre catégories. Vous retournez la carte, vous lisez le texte, et vous devez interpréter ce qui est écrit ou exécuter le gage. Et c’est là que, selon Carlit, que votre génie intervient.
          Les gages sont très simples, par exemple imiter le saut d’un kangourou, rire aux éclats deux minutes tandis que vos camarades de jeu restent parfaitement calmes, ou l’inverse, gonfler trois ballons imaginaires et faire semblant qu’ils s’échappent dans l’air, etc. Réussir un gage, de l’avis de vos partenaires de jeu, vous rapporte des points. Et bien sûr, celui qui a le plus de points, à l’issue de la partie, est déclaré vainqueur.



          Certains rabat-joie, voulant probablement montrer l’extraordinaire étendue de leur savoir ludique, n’hésitent pas à dire que le mécanisme de Cocagne pourrait être remplacé par un dé à quatre faces. Un dé à cinq faces qui retomberait donc, comme on a vu plus haut, sur seulement quatre faces... C’est vrai, mais cela tuerait immanquablement la magie du jeu, l’attente de la bille, l’inquiétude de, peut-être, ne jamais la voir ressortir – et croyez-moi, à cinq ans, vous vous inquiétez vraiment ! Je crois bien que quand on jouait à Cocagne, on se contentait de faire tourner la flèche et de lancer dans la bille dans le trou de couleur indiqué. Les gages étaient superflus. On octroyait volontiers les points aux adversaires, pour avoir le plaisir de rejouer très vite, et de relancer la bille dans un trou !

          Heureusement, certaines autres personnes plus ouvertes d’esprit ont immédiatement compris la rare subtilité, si ce n’est la fine élégance, de Cocagne, et ont même décidé d’écrire un véritable hymne au jeu (du moins si j’ai bien compris toutes les paroles). C’est ainsi que le groupe Zoufris Maracas nous offre sa très belle interprétation de Cocagne :



          Encore un grand merci à mon mari pour ce très beau cadeau. C’est chouette la vie de joueuse, avec un soulier sur la tête !



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lundi 18 décembre 2017

Genial, Reiner Knizia et Viktoriapark

Article initialement publié sur l'ancienne version de Chouette la Vie, le 3 mars 2013



Genial est un très bon jeu du très célèbre auteur allemand : Reiner Knizia. Il a été publié en 2004 et a été repris et traduit chez plus d'une vingtaine d'éditeurs à travers le monde. Genial a aussi connu par la suite toutes les déclinaisons des grands succès ludiques, des versions junior et téléphone portable au jeu de voyage, de dés, de cartes etc., jusqu’à des créations qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’original.



Le principe de base est très simple : les joueurs disposent de dominos hexagonaux représentant six couleurs, qu’ils placent sur une grille commune. Dès qu’une couleur en touche une identique, on marque des points. Par exemple si je pose une pièce rouge à la suite d’une ligne de cinq rouges, je marque 5 points en rouge. Lorsqu’un joueur atteint 18 points dans une couleur, il rejoue. À la fin de chaque tour, on pioche un nouveau domino pour toujours en avoir six sur son chevalet. Lorsqu’il n’y a plus aucune possibilité de jouer sur la grille, la partie prend fin.
La piste de score. Une image de Terraliptar, sur BGG

La façon de déterminer le vainqueur est surprenante, sauf pour les habitués qui connaissent déjà l’auteur. On ne considère pas celui qui a le plus de points, mais celui qui a le plus de points dans sa couleur la plus faible. Par exemple, la couleur la plus faible de Jacques est le jaune, où il a trois points. La couleur la plus faible de Sandrine est le bleu, où elle a 7 points. 7 est supérieur à 3, donc Sandrine gagne.

Une photo de paulclarke339 sur BGG

Genial est un jeu hyper accessible tant son principe de domino est universel, et très facile à trouver tant sa diffusion a été large. Il permet de jouer de façon classique de deux à quatre personnes, mais aussi en solo ou à quatre par équipes de deux. Dans ce cas, on a la possibilité de rejouer deux fois : lorsqu’on atteint 18 et 36 points dans une couleur. Bien entendu, on ne communique pas avec son partenaire. Genial bénéficie d’un matériel très bien pensé avec des tuiles joliment colorées adaptées à tous les daltonismes. Chaque couleur est en effet symbolisée par un dessin (soleil pour le jaune, cercle vide pour le violet, cercle plein pour le vert, étoile à six branches pour le bleu, etc.). La relative importance de l’aire de jeu, qui augmente avec le nombre de joueurs, et la pioche des tuiles permet des parties toujours renouvelées, mais surtout pleines de rebondissements. La victoire ne sera jamais acquise avant la fin du jeu. Comme il suffit parfois de ne grappiller que quelques malheureux points pour gagner, même le joueur le plus en avance devra se méfier de ses adversaires jusqu’à la toute dernière minute.
Une photo de Chris Norwood sur BGG

Genial est tellement bien que les plus grands artistes internationaux ont commencé à en chanter les louanges dès 1998, soit six ans déjà avant sa publication :



Genial, c’est super chouette, c’est wunderbar, alles klar !

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