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jeudi 3 octobre 2019

Le Serpent du rêve, Vonda McIntyre





     Présentation
     Le Serpent du rêve est un livre de 350 pages écrit par Vonda McIntyre. Il est paru pour la première fois en France en 1979 et a connu trois éditions (Robert Laffont, J’ai Lu, et Le Livre de Poche). La traduction a été assurée par Jean Bailhache, et les couvertures illustrées par Giuseppe Mangoni et Jackie Paternoster. En 1973, Vonda McIntyre reçoit le prix Nebula pour sa novella « De Source, Sable et Sève ». Quelques années plus tard, elle décide de réécrire ce récit sous forme de roman : Le Serpent du rêve. Le texte sera alors à nouveau récompensé, cette fois-ci par trois prix prestigieux : le Nebula, une seconde fois donc, et les prix Locus et Hugo. 

     Le livre proprement dit
     Serpent est le nom d’une guérisseuse parcourant le monde pour prodiguer ses soins aux malades ou atténuer leurs souffrances. Elle est aidée par trois petits assistants fort… répugnants : des serpents ! Malheureusement, l’un d’eux vient à disparaître et, sans lui, Serpent n’a plus le droit d’exercer son métier. Elle est obligée de se rendre au centre des guérisseurs pour que ses formateurs statuent sur son sort. Soit ils lui permettront de racheter sa perte et de continuer à pratiquer soit, ce qui est beaucoup plus probable, ils lui interdiront tout bonnement d’être guérisseuse. Elle essaie par tous les moyens de trouver un autre serpent du rêve. C’est un animal très rare, puisqu’il vient d’Outreciel. Il a un mode reproduction erratique que les généticien·nes n’arrivent pas à comprendre, et encore moins à restituer en laboratoire. Pour se rendre au centre, Serpent traverse toute sorte de territoires. Elle rencontre une multitude de gens qui ont tous leur propre histoire, des personnes auxquelles elle s’attache plus ou moins, et dont certaines vont même bouleverser sa vie.


Une image de Josch13 sur Pixabay *

     Le déroulement du récit est lent, il y a peu d’actions, pas de vaisseaux intergalactiques avec plein de lumières clignotantes, pas de planètes, pas de satellites. Nous sommes loin des navettes propulsées au dilithium à vitesse de distorsion dont Vonda McIntyre est une grande spécialiste (elle a écrit plusieurs romans dans l’univers de Star Trek). En terme de science, l’autrice ne nous parle que de génie génétique. Malgré tout, on est très vite happé par cette ambiance, on visualise, on se projette très facilement dans cet univers étrange qui, comme on le découvre peu à peu, n’en est pas moins post-apocalyptique : le monde a été ravagé par la folie des humain·nes et par l’explosion de bombes atomiques. Le discours est parfois très écologiste (par exemple, il y a une guilde de « Ramasseurs », qui récupèrent et recyclent tout ce qu’ils trouvent), on économise l’eau, on partage beaucoup. Le Serpent du rêve est un roman très agréable à lire. C’est un livre reposant, « planant ». On s’attache très vite aux personnages, et on a hâte de voir où leurs prochaines aventures vont les mener.
     Malgré ma peur panique et mon dégoût des serpents, j’ai beaucoup aimé cette histoire, elle sort complètement des sentiers battus, des sujets mille fois traités. Pour moi, c’est vraiment une très belle découverte, et un grand roman de science-fiction.


Une photo de Milivanily sur Pixabay *


     Incipit
     Le petit garçon avait peur. Avec douceur, Serpent posa la main sur son front brûlant. Derrière elle trois adultes se tenaient coude à coude, méfiants, s’interdisant de trahir leur inquiétude, sinon par les plis étroits qui cerclaient leurs yeux. Ils craignaient Serpent autant qu’ils redoutaient la mort de leur seul enfant. Dans la pénombre de la tente, l’étrange lueur bleue de la lanterne n’avait rien de rassurant.
     L’enfant ouvrait des yeux si sombres que les pupilles n’étaient pas visibles, si ternes que Serpent elle-même craignait pour ses jours. Elle lui caressa les cheveux. Ils étaient longs et très pâles, secs, irréguliers jusqu’à cinq à dix centimètres du cuir chevelu, et leur couleur faisait un contraste frappant avec son teint basané. Si Serpent avait connu ces gens quelques mois auparavant, elle aurait déjà pu savoir que l’enfant était malade et que son état s’aggravait.
     - Apportez-moi ma sacoche, dit Serpent.



Vonda McIntyre en 2006, photo reproduite avec l'aimable autorisation de Michael Ward

     La notice de l’autrice
     Vonda McIntyre est une autrice américaine. Elle est née à Louisville, dans le Kentucky, en 1948, et est décédée en 2019, à l’âge de 70 ans, à Seattle, dans l'État de Washington.
     Elle est diplômée de biologie et de génétique.
     Vonda McIntyre compte à son actif une trentaine d'œuvres : beaucoup de nouvelles, quelques novellisations et romans dans les univers de Star Wars et de Star Trek, mais aussi des romans indépendants qui ont reçu de nombreux prix prestigieux.

     Malgré cela, le décès de Vonda McIntyre, en avril 2019, est passé totalement inaperçu en France : seuls deux sites lui ont consacré un petit article. La presse française s'était pourtant très largement fait l'écho du décès d'une autre autrice, Janet Opal Jeppson. Loin de moi l'idée de vouloir opposer une femme à une autre, c'est plutôt le traitement qui leur est réservé qui m'intéresse. Janet a autant écrit que Vonda McIntyre, surtout des nouvelles et des romans pour enfants, mais elle n’a jamais reçu aucune récompense pour ses œuvres. Janet a-t-elle donc quelque chose de plus que Vonda, pour qu'on lui rende un tel hommage à sa mort, en février 2019, alors qu’on oublie complètement l’autre écrivaine, décédée en avril de la même année ? Oui, Janet a quelque chose de plus, ou plutôt quelqu’un : son mari, un nom fameux de la SF (Isaac Asimov). Sans lui, il est probable qu'on n'aurait jamais parlé de Janet Opal Jeppson non plus, en tout cas en France.
     Les journaux du monde entier ont en effet relayé le décès de Vonda McIntyre, et seule la France semble avoir oublié de relever l’événement. C’est caractéristique des médias français. Les femmes sont rarement mises en avant pour ce qu’elles réalisent, pour les œuvres extraordinaires qu’elles accomplissent ou écrivent. En revanche, les médias semblent tout à coup s’apercevoir de leur présence lorsqu'ils peuvent parler de leur mari, de leur père, de leur frère, etc. Bref, ils jugent qu’il y a matière à faire un article si un homme est impliqué. Pour une « simple femme », aussi épatante soit-elle, personne ne se donnera cette peine. À quoi bon, ça reste une femme, après tout ! Ouvrez n’importe quel journal ou magazine généraliste et, rien qu’en regardant les photos, amusez-vous à compter le nombre de femmes et le nombre d’hommes qui apparaissent, vous serez surpris·es. Si vous voulez pousser un peu plus loin, comptez le nombre d’articles se rapportant à des hommes et ceux qui se rapportent à des femmes. C’est tout à fait consternant.
     Heureusement, s’il est bien un endroit où Vonda McIntyre et aucune autre femme ne sera oubliée, c’est ici !

     Bonne lecture.


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♦ Les Yeux d’ambre, de Joan D. Vinge
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lundi 19 août 2019

Star Trek - L'Envers du miroir, Diane Duane





       Présentation
       Star Trek - La Nouvelle Génération - L’Envers du miroir est un roman de 220 pages écrit par Diane Duane. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, une novélisation (c’est-à-dire un roman écrit d’après un film ou un épisode de série télévisée), il s’agit bien d’un roman original. L’œuvre est parue en France en 1996. La traduction a été assurée par Bruno Billion, et l’illustration de couverture a été réalisée par Keith Birdsong.


       Le Livre proprement dit (aucun spoil)
       Alors que l’Enterprise vogue dans l’espace, l’ultime frontière, l’équipage s’apprête à accueillir Hwiii, un Tritonien, officier spécialiste. Il est téléporté à bord alors que le vaisseau croise près de la caravane des Lalairus, un peuple nomade et libre, voyageant de galaxie en galaxie. Lorsque l’Enterprise se trouve à sa proximité, l’équipage reçoit un message affolé de la Laihe, une Huraen dont le monde a été détruit quelques siècles auparavant par une catastrophe naturelle. Malheureusement, la communication ne se fait pas très bien, le traducteur universel a du mal à suivre, et le message est partiellement, sinon totalement, incompréhensible. Il semblerait que quelque chose cloche dans les lignes hyperdimensionnelles, dont le Tritonien, justement, est spécialiste. L’équipage n’ayant rien remarqué de particulier, le commandant Picard se promet de demander à Hwiii de décrypter le message d’alerte, et chacun reprend sa route tranquillement.
       Peu de temps après, il se passe un phénomène étrange. La lumière vacille, tout semble « s’atténuer » . Pire, Hwiii est comme pris de folie et l’enseigne Mark Stewart, malgré des états de service impeccables, commence à avoir un comportement des plus suspects...


Image de Gerd Altmann sur Pixabay *


       Le court extrait

       – Ce ne sera plus le cas si ces gens nous frôlent de trop près. Leurs phasers...
       – ... Ont une puissance de trois térawatts chacun ! insista La Forge. Regardez ce qu'on peut faire avec les boucliers.
Un long silence suivit. Puis le Tritonien laissa échapper un sifflement :
       – Vous avez raison à propos de mon cerveau. Mais si nous faisons une erreur de calcul, nous risquons de déchiqueter le vaisseau !
       – Pas si nous inversons la polarité des boucliers !
       – Vous voulez inverser les générateurs d'alimentation et transférer l'énergie cinétique des phasers dans le générateur de l'équipement d'inclusion ? Mais dans ce cas...
       – Nous avons besoin d'une masse stable de plus de dix tonnes puissance quatre-vingts.
       – Cela vous suffira ? demanda Hessan, à l'autre bout de la console principale.
       Les deux ingénieurs levèrent la tête ; elle leur montrait un affichage sur un écran.
       – C'est 2044 Hydri, explique Eileen, une naine brune. Pendant que vous bavardez j'ai fait des recherches. Sa masse vous suffit-elle ?



Une vue du vaisseau Enterprise NCC-1701-0 par Chris McCorkle sur Flickr *

       Ce que j’en pense
       L’Envers du miroir n’est pas le type de roman qui vous tourmentera pendant des semaines, à la recherche de réponses improbables à des questions existentielles soulevées au cours de votre lecture. De même, ce roman est bien différent de tous ceux que nous avons vus jusqu’à présent, dans le sens où les femmes n’y tiennent pas spécialement les premiers rôles. L’Envers du miroir est une narration très factuelle, distrayante, qui reprend tous les standards de la série Star Trek - la Nouvelle Génération, jusqu’au fameux ascenseur, qui occupe une part non négligeable du roman (et de la série) ! Ainsi, les lecteur·trices y retrouveront avec plaisir leurs personnages préférés : le capitaine Picard, Riker, Worf, Deanna Troi, Geordi LaForge ou encore l’androïde Data, ainsi que Wesley et Beverly Crusher. L’autrice y évoque aussi la série originale, et notamment le quatrième épisode de la deuxième saison, où James T. Kirk et son équipage avaient connu un problème apparemment insoluble, qui avait engendré la rédaction d’un rapport fort intéressant. Les personnages du roman sont bien campés. Ainsi, celles et ceux qui ne connaissent pas cet univers ne seront pas totalement perdus ; ils pourront à loisir lire une histoire pleine de rebondissements, et de phénomènes plus extraordinaires les uns que les autres.
       C’est un récit sympathique qui respecte parfaitement le ton de la série télévisée. Les fans auront l’impression d’avoir droit à un épisode inédit de leur série préférée, tandis que les autres lecteur·trices pourront se familiariser avec cet univers résolument bienveillant et pacifiste. La fin est tout à fait palpitante, elle n’a rien à envier aux épisodes les plus épiques de la série.


Diane Duane par elle-même, un selfie de 2014 par Diane Duane *


       La notice de l’autrice

       Diane Duane est une autrice américaine. Elle est née à New York en 1952 et habite aujourd'hui en Irlande. Elle a exercé quelques années comme infirmière psychiatrique avant de déménager en Californie. Là, elle devient assistante et rédactrice pigiste. Son premier roman paraît en 1979.
       Diane Duane a écrit de nombreux livres dans un grand nombre d’univers. On retrouve ses écrits aussi bien dans Young Wizards, Feline Wizards, que Star Trek (une douzaine de romans). C'est même la première à avoir écrit pour Harbinger, un univers tiré du jeu de rôle Star*Drive, publié par Wizards of the Coast. Elle a encore écrit des romans dans les univers de Space Cops ou, chez Marvel, Spider-Man ou X-Men... parmi d'autres ! Diane Duane a également écrit de nombreuses nouvelles, ainsi que des essais.
       Bien entendu, avec un tel bagage, Diane Duane a énormément œuvré dans les domaines de la BD, du cinéma et de la télévision. Elle a écrit les scripts pour les productions Hanna-Barbera notamment Scoubidou, Space Stars ou encore Capitaine Caverne. On retrouve son nom aussi bien dans des séries éducatives de la BBC que sur des œuvres de science-fiction. 
       Diane Duane a en outre dessiné, ou co-dessiné, une dizaine de cartes, vous savez, ces jolies cartes que l'on trouve souvent dans les livres pour pouvoir se repérer dans un monde fabuleux, et donc inconnu. 
       Diane Duane est une autrice extrêmement prolifique donc, que l'on retrouve dans de nombreux domaines de l'imaginaire et de la littérature populaire, pour le plus grand plaisir de tous.

       Bonne lecture !


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jeudi 25 juillet 2019

Avis express : Colette, La Maison de Claudine



       Quand vous arrivez dans l'Yonne et que vous êtes incapables de réciter par cœur, spontanément, tout l'œuvre de Colette, on vous regarde quand même de travers ! Alors je rattrape mon retard, peu à peu, en douce. Je viens de finir ce bouquin, La Maison de Claudine.
       J'ai adoré ces histoires d'araignées qui viennent boire du chocolat, la nuit, de fantôme dans le grenier, et d'œuvres de Corneille subtilement dissimulées dans les missels, pendant l'office. C'est bien écrit, extrêmement bien écrit. De courts textes empreints de nostalgie et jamais dénués d'humour, très plaisants à lire.
       Colette, native de l'Yonne, donc, a publié une cinquantaine de romans. C'est la deuxième femme élue membre de l'Académie Goncourt, elle a été nominée pour le prix Nobel de littérature et, à sa mort, elle a reçu des funérailles nationales. Mais il aura fallu attendre 2018, 2018 !, pour qu'un de ses textes figure au bac de français en série littéraire. On pourrait évoquer cette absence par la vie "dissolue" de l'autrice, mais lorsqu'il s'agit d'étudier des auteurs, mâles donc, avec le même genre de vie, mais en plus toxico et trafiquants d'armes, ça n'a pas l'air de déranger grand monde. Le bac littéraire 2018 a été, pour la première fois, uniquement composé de textes féminins suite au mouvement #MeToo, à la libération de la parole des femmes. Tiens, mais les femmes auraient des choses à dire ?

       J'ai trouvé cet exemplaire dans une cabane à livres. Il possède des petits coins, probablement découpés dans une vieille enveloppe, qui permettent de maintenir les pages au fur et à mesure de la lecture. Super pratique ! N'hésitez pas à adopter ce système très astucieux, et lisez ce livre de Colette, c'est vraiment beau, et bon !

       

mardi 9 juillet 2019

Terre de liberté, de Anne McCaffrey



     Présentation

     Terre de liberté est un roman d’environ 350 pages, écrit par Anne McCaffrey. Il a été publié en France pour la première fois en 1999, et a connu une réédition l’année suivante. Terre de liberté fait partie du Cycle des hommes libres, qui fait lui-même partie de la série La Trilogie des forces, co-écrite avec Elizabeth Ann Scarborough. Le roman a été traduit par Thomas Bauduret, et illustré par Wojtek Siudmak.



Une image de Sarah Pflug sur Burst *


     Le livre proprement dit

     Le sujet du roman est classique : la colonisation d’une planète pénitentiaire. Des humains et divers extraterrestres sont abandonnés sur une planète qui semble inhabitée. Pour survivre, ils doivent se débrouiller avec seulement un couteau, une couverture et les quelques rations qu’on a bien voulu leur laisser. Les conditions sont bien entendu très difficiles, mais le ton du roman est très léger. Les personnages parlent toujours « en souriant », « avec facétie » ou « d’un air taquin ». En plus, l’extra-terrestre a de jolies fesses. Mais va-t-il vraiment coucher avec la belle héroïne ? Ce n’est pas si évident, je vous laisse découvrir la suite dans le roman.
     Dans Terre de liberté, les personnages ne présentent aucune profondeur psychologique, bien qu’ils aient été beaucoup travaillés en amont. Chacun·e a une fonction bien précise, au sein de la colonie, mais aussi du roman. Ainsi, vous avez droit au cuistot de service, au rebelle de service, au pro-militaire de service, au boulanger de service, à la jolie fille de service, au traître (mais est-ce vraiment un traître ?) de service etc. Cela pourrait sembler manquer de finesse, mais rien n’est ni trop grossier ni caricatural, c’est un roman léger et sympathique.


Une image de Flo Maderebner sur Pexels *


     Traduction parfois étrange

     Il y a certains passages que je n’ai pas compris ou quelques faux-amis oubliés : par exemple « sketch », pour croquis, qui revient à plusieurs reprises. « Éventuellement » (eventually) pour « finalement ». Ou un personnage qui demande à un autre s’il a passé l’examen. Oui, il l’a passé, il vient de nous le dire, mais l’a-t-il réussi (passed en anglais) ? D’autres expressions sonnent bizarrement : « Comme il ne s’était toujours rien passé à midi plein » p. 260 ou, page 291 « Kris n’eut pas le courge de regarder », ou encore, page 293 « elle s’effondra pour le compte ». On retrouve cette expression p. 305 « elle avait dû l’allonger pour le compte » (signification ?). Page 308, on lit « On a des gars vraiment ficelle » . L’expression est, là encore, répétée plusieurs fois, je n’ai absolument aucune idée de ce que cela peut bien vouloir dire. Pareil pour « Mais ce qu’il leur montrait n’exigeait ni futilité ni silence ». Page 159 « nous pouvons vivre sur le pays » (sur ou dans ?). Page 333, on nous parle d’« avions parqués nez dans queue  ». L’héroïne du livre, Kristin, apprend à parler à un extra-terrestre, Zainal. Ce dernier a beaucoup de mal avec les expressions idiomatiques, par exemple « mon vieux ». Et une expression lui donne beaucoup de fil à retordre : « La dent de l’œil ». Cette expression est reprise à de multiples reprises, comme par jeu, tout au long du livre, et comme si elle était ultra courante en français. Mais, tout comme Zainal, j’ai eu bien du mal à la comprendre. D’après le contexte, il semblerait que cela signifie que quelque chose est difficile, demande beaucoup d’efforts ou coûte très cher. Mais j’ai eu beau chercher, en anglais, et en français, je n’ai pas trouvé à quelle expression cela pouvait faire référence. D’après toutes les définitions que j'ai trouvées, la « dent de l’œil » est une expression pour désigner une canine, cette dent qui se trouve juste sous l’œil. Cela ne nous éclaire pas vraiment pour le texte. Cela pourrait passer si l’expression était utilisée une ou deux fois, mais elle revient très souvent, sur un très grand nombre de pages.
     Rassurez-vous, le nombre de fautes n’est pas rébarbatif et n’entrave pas trop la lecture. Mais c’est bien dommage de ne pas les avoir corrigées, car le texte est par ailleurs très fluide et assez plaisant à lire. Serait-ce trop demander à l’éditeur de faire corriger ses publications ?


Une image de Tom Fisk sur Pexels *


     Science-Fantasy ?
     La couverture présente un bandeau noir où l’on lit distinctement la catégorie à laquelle appartient le livre : « Science-Fantasy ». Terre de liberté est indéniablement un livre de science-fiction : on y croise des machines inconnues, de gros vaisseaux spatiaux, des extraterrestres, on nous parle du ciel distinctif de cette planète qui n’est pas la Terre etc. 
     En revanche, il n’y a aucune magie, pas de surnaturel, encore moins de dragon (bon, d’accord, on rencontre quelques bestioles bizarres comme les vaches-leuh, car au lieu de faire meuh, elles font « leuh » !). Mais je n’ai pas bien compris où était la fantasy là-dedans. Il est à noter que l’éditeur, Presse Pocket, est le premier à avoir introduit le nom de cette nouvelle catégorie en France, justement pour un livre d’Anne McCaffrey. Peut-être a-t-il voulu l’appliquer à tous les romans de cette autrice, afin de capter l’attention des fans de science-fiction, et aussi celle des fans de fantasy ? En tout cas, les amateur·trices de fantasy pure risquent d’être déçu·es. Au demeurant, l’éditeur aurait dû classer ce roman en « Science-Fantasy-Romance-Revival ». Cela lui aurait permis d’englober encore plus de monde. Mais il n’a pas osé. Et d’ailleurs, dans la réédition du livre, il n’a même plus rien mentionné du tout !


Une image de Fancycrave.com sur Pexels *

     Le court extrait
     – Pour ceux qui ne le savent pas, ce sont les Deskis qui ont découvert les grottes qui nous abritent. Je ne crois pas que nous les aurions trouvées. Ils grimpent comme les araignées auxquelles ils ressemblent, mais ce sont des humanoïdes comme nous. Je ne veux plus les entendre traités d’araignées. Compris ? Alors écoutez-moi bien. Ils ont été arrachés à leur planète comme nous, et nous les traiterons comme nous traitons l’un d’entre nous – parce que chacun d’eux est l’un d’entre nous. Ai-je été assez clair ?
     Tout le monde vociféra son approbation, ce qui rassura Kris. Elle essaya de repérer les récalcitrants.
     – C’est un Deski qui a porté l’enfant de May Framble pendant les deux jours de marche, sans jamais se plaindre une seule fois, dit Mitford, dont l’expression réfrigéra les réticents. Alors n’oubliez pas qu’ils sont dans la même galère que nous, et qu’ils tirent leur propre poids… enfin, le peu de poids qu’ils ont. Et les Rugariens font aussi partie de nous, selon le même principe. Ils ont rapporté plus de gibier que les chasseurs humains. Ce sont des as de la fronde !




Photo tirée de Time Out of Mind, épisode 4, mini-série de la BBC2 consacrée aux auteur·trices de science-fiction (1979). Disponible sur Youtube ► ICI 


     Notice de l’autrice
     Anne McCaffrey est née aux États-Unis, dans le Massachusetts, en 1926. Elle est décédée en Irlande, dans sa dernière demeure, en 2011, à l'âge de 85 ans.
     Elle a fait des études de littérature, de langues slaves, et a entamé une courte carrière au théâtre. En 1953, une de ses nouvelles est publiée par le magazine Science-Fiction Plus. Anne McCaffrey élève ensuite ses trois enfants et, tandis qu'ils sont à l'école, elle se remet à écrire. Son premier roman paraît en 1967. L'année suivante, elle commence à publier, aux États-Unis, les premiers tomes de la Ballade de Pern, cette immense saga de fantasy qui rend son autrice mondialement célèbre, et a même donné naissance à plusieurs jeux vidéo se déroulant dans le même univers.
     Anne McCaffrey a écrit et co-écrit des dizaines de romans, de science-fiction, de fantasy et de science-fantasy, de nombreuses nouvelles, et même un roman policier. Ses textes ont reçu une multitude de prix et, en 2005, à l'instar de ses consœurs Ursula LeGuin et Connie Willis, dont nous avons déjà parlé, Anne McCaffrey reçoit le titre suprême de « Grande Maîtresse de la Science-fiction » (Grandmaster of Science Fiction). Ce prix, attribué par l’association américaine des auteurs de science-fiction et de fantasy (Science Fiction Writers of America ou SFWA), récompense un auteur ou une autrice vivant·e, pour la totalité de son œuvre.

     Bonne lecture !



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vendredi 21 juin 2019

Pollen, de Joëlle Wintrebert







       Présentation

       Pollen est un roman de 336 pages écrit par Joëlle Wintrebert. Il a été publié en 2002 par Au Diable Vauvert. L’illustration de couverture a été réalisée par l’agence Rampazzo et Associés, qui signe toutes les couvertures de cette maison d’édition. En 2003, Pollen a reçu le prix Rosny-Aîné, qui récompense chaque année les meilleures œuvres de SF francophones.
       Attention, tout comme avec Joan D.Vinge, je risque de ne pas être impartiale. Je suis fan de Joëlle Wintrebert, et j’ai adoré ce roman.


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       Le livre proprement dit

       Pollen est une planète où s’est développée une société utopique, pacifiste et matriarcale qui a réussi à complètement éradiquer la violence. Comment ? En reléguant les hommes à un rôle de second plan, et en diminuant artificiellement leur nombre : ils ne constituent plus qu’un tiers de la population. Bien que la sexualité soit très développée, et tout à fait libérée, la procréation n’incombe plus aux femmes. Sur Pollen, les ingénieures ont une maîtrise absolue de la fécondation in vitro et donnent naissance, dans leurs laboratoires, à des triades : un enfant de sexe masculin pour deux enfants de sexe féminin. Sur Pollen, la volupté est un art de vivre et, malgré cet environnement a priori paisible et pacifique, si un homme fait preuve de violence, il est immédiatement envoyé sur le Bouclier, le satellite semi-artificiel de Pollen. Le Bouclier a été créé pour assurer la protection, comme son nom l’indique, de la planète-mère. Mais le rapport entre un tiers d’homme et deux tiers de femmes est-il viable, est-il acceptable ? Peut-on vraiment parler d’équilibre ? Et comment en est-on arrivé là ? L’Histoire a réponse à toutes les questions et de fait, sur la planète Pollen, « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Une utopie enfin réalisée, une utopie qui fonctionne, un aboutissement.
       Vraiment pour tout le monde ?

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       Salem, Sahrâ et Sandre forment une triade parfaite. Nés ensemble dans un incubateur, élevés ensemble, ils sont inséparables. Jusqu'au jour où Sandre commet l'irréparable et risque d'être envoyé en exil sur le Bouclier. Peut-on séparer les êtres d’une triade aussi fusionnelle ? Y a-t-il un moyen pour que Sandre reste ou, s'il devait partir, pour le faire revenir ?

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       Pollen est une histoire d’amours, de politique, de trahisons, de fusion, et de prises de conscience. Le ton est détaché, on entend parfois parler d'événements de façon indirecte, mais il se passe beaucoup de choses, et l’histoire est pleine de rebondissements. Pollen est un roman qui peut paraître déroutant, un roman sensuel, engagé et révolutionnaire. Cela reste malgré tout un récit tout en finesse et en sobriété, fluide et très agréable à lire.

Une image de 8385 sur Pixabay *


       Court Extrait
       « (...) Quand, à vingt-huit ans, il était entré au service d'Ifni, secrétaire le jour et amant la nuit, il avait imaginé naïvement que les barrières s'effondreraient devant son avancée irrésistible.
       Il avait su se rendre indispensable, mais les barrières avaient tenu. Sa position d'auxiliaire, acquise depuis trois ans, ne les avait ébréchées en rien. C'était pourtant la plus belle promotion dont un homme eût le droit de rêver à l'échelon d'une commune. Certes, en théorie, l'accès au rang de bourgmestre n'était pas conditionné par le sexe. Seulement il suffisait de détailler la composition d'une assemblée communale et l'on comprenait pourquoi, en deux cent trente quatre années de Pollen, aucun homme n'avait été élu à ce poste : les quatorze guides étaient exclusivement des femmes et le contingent des hommes à la tête d'une centurie n'avait dépassé dix pour cent qu'au moment des incursions abouties de pirates. De toute façon, le tiers masculin de la planète avait toujours été sous-représenté. »



Une image de Kellepics sur Pixabay *


       Féminin ou féministe ?

       La différence est de taille ! Un roman de SF féminin est un roman écrit par une femme, c'est tout.
Un roman de SF féministe peut être écrit par un homme ou par une femme, peu importe. C'est le fond qui change. Il revendique une amélioration de la condition des femmes, il appelle à une équité dans le traitement, à une égalité des droits dans tous les domaines où la femme est, toujours à l'heure actuelle, en situation d'infériorité (salaires, politique, médias, hiérarchie, accès à la scolarisation notamment dans les filières techniques et scientifiques, etc.). Malheureusement, ces domaines sont encore très nombreux.
       Pollen est-il un roman féminin ou féministe ? Les deux, *ma* capitaine ! Il est écrit par une femme, Joëlle Wintrebert, et il décrit une société matriarcale où les femmes ont pris le pouvoir dans tous les domaines (là, croyez-moi, vous êtes sûr de lire de la SF !). Joëlle Wintrebert pousse tellement loin sa réflexion qu'elle abandonne la fameuse règle de grammaire voulant que, depuis le XVIIIe siècle, « le masculin l'emporte sur le féminin ». Tous les noms sont féminisés – elle nous parle par exemple d'ingénieures, centurionnes ou de médiciennes – mais aussi les accords en genre. Quand elle vous parle d'un groupe de dix hommes et d'une femme, elle dira « elles », et elle accordera tout au féminin pluriel. La société de Pollen est fondée par des triades de deux filles et un garçon, systématiquement. En français actuel, on dirait que ce sont des jumeaux. Mais Joëlle Wintrebert ne parle qu'au féminin, donc ce sont des jumelles. Au début, même pour une lectrice, c'est un peu troublant, on n'a pas l'habitude de voir le féminin occuper tant de place. Mais on s'en accommode rapidement, et fort bien. En revanche, pour les lecteurs masculins, le sentiment est certainement très différent. J'imagine qu'ils doivent se sentir profondément exclus de tout ce monde, de ces environnements hyper féminins, ils le sont même de leur propre langue. Terrible, n'est-ce pas ? Mais songent-ils un instant que les femmes vivent cela depuis des siècles, tous les jours, à chaque instant ? Qu'elles lisent un livre, qu'elles écoutent la télé, la radio (la très grande majorité des intervenants sont des hommes, qu’ils soient animateurs, invités ou héros de bouquin), qu'elles se présentent à un poste un peu élevé, qu'elles s'interrogent sur leur salaire, souvent inférieur à ceux de leurs collègues. Qu’elles veuillent simplement jouer à un jeu de société (la plupart des hommes vont les agonir de conseils et leur prouver à quel point elles sont idiotes et n’auraient pas dû participer au jeu) ou qu’elles aient affaire à un médecin, à un supérieur hiérarchique... Les femmes vivent ce rejet, cette mise à l'écart, cette invisibilisation au quotidien. En lisant Pollen, les hommes auront un vague aperçu du malaise que cela engendre dans « la vraie vie », et de la tyrannie profonde de cet état de fait. Cela choque, cela dérange, cette ségrégation révolte, tellement elle est injuste et arbitraire. Pollen n’est pourtant qu’un roman, quelques feuilles de papier imprimé qu’on peut lire ou pas, personne n’est obligé. Mais quand c'est une femme qui subit ça, dans la vraie vie, qu’on ne lui laisse aucun choix, n’est-ce pas encore plus révoltant ? C’est tellement ancré dans notre société, qu’on aurait presque tendance à l’oublier, et on a d’ailleurs vite fait de conspuer celles et ceux qui tentent d’obtenir une plus grande équité, une plus grande justice entre les sexes.


Joëlle Wintrebert en 2010, photo de Ji-Elle *


       Notice de l’autrice

       Joëlle Wintrebert est née en 1949 à Toulon, en France. Elle a suivi des études de lettres et de cinéma. Elle a ensuite exercé divers métiers (journaliste, traductrice, critique pour de nombreuses revues littéraires et cinématographiques...). Elle a écrit plus d’une vingtaine de romans, notamment dans un genre où elle excelle : la science-fiction. Mais cela ne l’a pas empêchée d’écrire quelques polars, des histoires pour enfants, des romans historiques, des nouvelles, et divers scénarios. Elle a reçu de nombreux prix et distinctions pour son œuvre.
       Joëlle Wintrebert écrit depuis les années 70. C’est l’époque où se développe, en parallèle à la science-fiction anglo-saxonne, la « nouvelle vague » de la SF francophone. Ce courant est composé d’hommes et de femmes doté·es d’un grand talent littéraire, qui écrivent des œuvres intelligentes et passionnantes à lire, des œuvres où les thèmes de société et la politique sont souvent mis en avant. Joëlle Wintrebert, écrivaine en tout point remarquable, est une digne représentante de ce mouvement, et son influence perdurera encore longtemps dans la science-fiction francophone moderne.

Bonne lecture !




Vous aimerez aussi :
♦ Le grand Livre, de Connie Willis
♦ La Main gauche de la nuit, par Ursula Le Guin
♦ Les Yeux d’ambre, de Joan D. Vinge
♦ Le Secret de Sinharat, par Leigh Brackett


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mardi 21 mai 2019

Toutes les boîtes, cabanes, cabines, étagères et même frigidaires à livres de l'Yonne !


Dernière mise à jour :  18 novembre 2019 - 154 boîtes à livres 




Présentation


       En 2009, un Américain, Todd Bol, décide un jour de se débarrasser des livres dont il n’a plus l’usage. Pour ce faire, il fabrique une petite boîte avec de vieilles planches de récupération qui traînent dans son garage. Il l’accroche à un arbre, juste en face de chez lui, et s’amuse de l’engouement qu’elle suscite, auprès des enfants, mais aussi auprès des adultes. Todd Bol décide alors de fabriquer d’autres boîtes, et crée l’association sans but lucratif Little Free Library ("Petite Bibliothèque gratuite"). Depuis, et malgré le décès de Todd en octobre 2018, ces boîtes se sont répandues dans le monde entier. On en retrouve pas loin de 100 000, dans au moins 88 pays. Ce phénomène a même fini par toucher l’Yonne ! À noter, au passage, que les petits hameaux surclassent souvent haut la main les plus grandes villes. La palme revient à Fournaudin, 120 habitants, Vézinnes avec sa superbe armoire, pour 160 habitants, Le Fays et son abribus, pour 50 habitants, sans compter Pontaubert qui totalise pas moins de cinq boîtes pour 400 habitants. Ces petites communes n’hésitent pas à mettre à la disposition du public de très belles et/ou très grosses et/ou très nombreuses cabanes à livres. Bravo à elles pour ces excellentes initiatives !
Todd Bol par Stacey Knoebel ©knoebelportraitdesign.com

       Vous trouverez ici toutes les boîtes, cabanes, cabines, abribus, placards, étagères et armoires à livres que j’ai recensés dans le département, depuis plusieurs années. Si vous en connaissez une qui n’est pas listée ci-dessous, n’hésitez pas à me la signaler, je l’ajouterai avec plaisir.

       La carte vous montre en rouge les boîtes à livres qui ne sont pas ouvertes 24h/24, parce que soumises aux horaires des endroits qui les abritent (square municipal, supermarché, etc.). En vert, vous retrouvez les boîtes qui sont ouvertes 24h/24, 7 jours sur 7.
       Si vous avez des difficultés pour naviguer sur cette carte, j’ai ajouté la liste de toutes les cabanes à livres en dessous. Elle reprend le même code couleur (italiques rouge/vert). Les noms en bleu, soulignés, indiquent que la ville, ou le village, propose plusieurs boîtes à livres.

       Bonne lecture !



Les cabanes à livres de Cerisiers, Brion La Fourchotte, et Vézinnes


Carte des boîtes à livres







Liste des boîtes à livres



Aillant-sur-Tholon, Magasin Bi1, 4 Rue de Neuilly

Appoigny :
     - Magasin Atac, 11 Route de Joigny
     - Parc, 14 Rue du Gué de la Pucelle
• ArcesHameau Le Charme1 Rue de le Tuilerie
• Arcy-sur-Cure, place Pasteur
• Armeau, ancienne cabine téléphonique, Place de la Mairie
Auxerre :
     Centre-Ville, Square du Palais de Justice
     - Quartier des Boussicats, en haut de la rue Victor Hugo près du tri sélectif
     - Quartier des Brichères, chemin des Bequillys
     - Quartier des Conches/Clairions, rue Colonel Rozanoff
     - Quartier des Piedalloues, place du Cadran (face à la Poste)
     - Quartier Rive-Droite, 1 rue Charles de Foucault
     - Quartier des Rosoirs, 13 bis rue de la Tour d'Auvergne
     - Quartier Saint-Gervais/Brazza, Gare SNCF, rue Paul Doumer
     - Quartier  Saint-Julien/Saint-Amâtre, Place de la gare Saint-Amâtre
     - Quartier Saint-Siméon, 6 bd de Montois - esplanade Centre de loisirs
     - Quartier Sainte-Genevière, Place Degas, devant la maison de quartier
     - Parc de Roscoff, allée Saint-Amarin
     - 25 Avenue de Châtenoy
     - 30 rue Pierre et Marie Curie
     - Café solidaire "La Pause du Pont" 70, rue du Pont
     - Magasin Atac, 9 Rue de Preuilly
     - Maison de quartier des Piedalloues, 1 boulevard des Pyrénées
Avallon :
     - Magasin Auchan,  Rue du Général Leclerc
     - Magasin B1, rue de la Goulotte Les Chaumes
     - Rue du Maréchal Foch, devant le cinéma
• Bernouil, sous le préau, 1 place de la Mairie
 Bléneau, magasin Atac, Rue des Vallées
• Brannay, dans le petit parc, 7 Grande Rue
Brienon-sur-Armançon, magasin E.Leclerc Express, route de Joigny
 Brion :
     - Place de l'église, dans l'ancienne cabine téléphonique
     - Lieu-dit La Fourchotte, étagère dans la cabane abritant l'ancien puits
• Cerisiers, ancienne cabine téléphonique, rue du Général de Gaulle
• Champignelles, magasin Maximarché, avenue Saint-Michel
• Champigny, place de la Mairie
Champlay :    
     - Abribus près de l'école primaire, 27 Grande Rue
     - Le Grand Longueron, abribus près de l'école maternelle, chemin du tennis
Champs-sur-Yonne, magasin Atac, rue Robert Raclot
 Chamvres, dans la boulangerie, 6 rue de Paroy
Charbuy :
     - 45 Grande Rue, devant table de pique-nique
     - 10 rue des Écoles, devant la bibliothèque
 Charny-Orée-de-Puisaye, magasin Bi1, Grande Rue
Châtel-Censoir :

     - dans le lavoir, 20 rue de la Fontaine
     - dans le lavoir, rue du Pâtis
• Châtel-Gérard, sous le préau de l'école, rue du Four
Chaumont, intersection Grande Rue et Rue de Villeblevin, près de la mairie
• Chaumot, en façade de la Mairie
Cheny :
     - Rue de la Mairie, face au magasin Vival
     - Près de la boulangerie, 2 rue du Pont
• Chéroy, abribus près de l'école élémentaire, 1 rue Jean Moulin
• Cheuilly, dans le lavoir, route de Tonnerre
Chevillon, cabine téléphonique, 30 rue Gaston Chausson
Commissey, place de la mairie
• Courgis, préau école/mairie, 17 Grande rue Nicolas Droin
• Crain, au Bar/Pub Le Relais Crainois, 7 place de l'Église

• Dannemoine, rue Bailly, à côté de l'école et de l'agence postale
• Domecy-sur-Cure :
     - Mairie, 6 rue de Saint-Antoine
     - Hameau de Villars-le-Bas, près du lavoir
Dicy, cabine téléphonique, 1 place Jean Vagry
• Épineuil, devant l'église
• Escamps, près de la mairie, 28 rue des Écoles

 Escolives-Sainte-Camille, à l'entrée de la mairie, place de la mairie
• Fleury-la-Vallée, devant la mairie, 26 Grande Rue
Flogny-la-Chapelle, 9 Place du Commerce, près du Vival
• Fontaine-la-Gaillarde, à côté de la mairie, 3 Rue Gaston Corgibet
FournaudinAncienne cabine téléphonique, 1 Rue du Merisier aux Filles, près de l'église. Accepte livres, CD et DVD
• Gigny, hall d'entrée de la mairie, 8 rue de la Chaume
Gisy-les-Nobles, 2 rue Sainte-Marie, près de la mairie
• Gurgy, rue du Halage
Joigny, voir plus bas : "Joigny à contre-courant"
• Jully, hameau de La Maine, sous le préau, dans la cour de la mairie, près de l'église
• L'Isle-sur-Serein, dans la cour de la mairie, rue Bouchardat
• La Chapelle-sur-Oreuse, dans le parc, près de l'église et de l'école
• La Postolle, ancien abribus, route de Voisines
• Le Fays - dans l'ancien abribus
• Laroche-Saint-Cydroine :
     - Boulangerie La Larochoise, 3 rue Emile Tabarant
     - Mairie, Place du 19 Mars 1962
• Lézinnes, Magasin Vival, 43 route Nationale
• Lichères-près-Aigremont, sous le préau, dans l'ancienne cour de l'école
• Lixy, dans l'abribus, sur la place de la mairie
• Malay-le-Grand, lavoir municipal
• Mélisey, préau cour de la Mairie, 9 Rue des Fossés
• Michery, place de la Mairie
Migennes :
     - Collège Jacques Prévert, 6 Rue Claude Debussy
     - Ecole Paul Bert, 1bis rue Paul Verlaine
     - Magasin Atac, rue Pierre et Marie Curie
     - Parc du Préblin, Maison de la Nature
     - Passerelle SNCF, 20 avenue Roger Salengro
• Montigny-la-Resle, sous l'abri-bus, place de l'Église
Montréal :
     - Maison Hirondelle, 25 rue de Montbard
     - Place du Prieuré
• Nailly, dans le parc, en face de l'école primaire, rue de l'église
• Piffonds, sous le préau près de la mairie, 78 rue du Château
• Plessis-Saint-Jean, à côté de la mairie
• Poilly-sur-Tholon, Hameau de Bleury, en face de la mairie, à côté des jeux pour enfants
• Pont-sur-Vanne, place de l'église
Pont-sur-Yonne :
     - Communauté de Communes Yonne Nord, 52 Faubourg de Villeperrot
     - Magasin Atac, sur la D606
     - Place du 19 mars 1962
• Pontaubert :
     - Carrefour Route d'Island et Chemin de la Mardelle
     - Place du village, près de la Mairie, route de Vézelay
     - Square, près de l'église
     - Hameau de Champien, près de l'aire de jeux, place des tilleurs
     - Hameau d'Orbigny, près de la fontaine
Prunoy :     
     - Cabine téléphonique près de la mairie, 12/14 route de Chevillon 
     Centre "Enfance et Loisirs", 4 Route de Charny
• Ravières, cabine téléphonique, sur la place
• Rosoy, place des Marvageuses (place du village)
Saint-Fargeau :
     - Magasin Bi1, Rue du Moulin de l'Arche
     - Lac du Bourdon, plage de la Calanque près du poste de secours
Saint-Florentin :
     - Capitainerie du port de plaisance
     - Magasin Atac, 17 Avenue de l'Europe
Saint-Georges-sur-Baulche :     
     - Magasin Les Serres de Bon Pain, sur le parking, route de Chevannes
     - Galerie du centre commercial "La Guillaumée",  Rue de Bruxelles
 Saint-Sauveur-en-Puisaye, magasin Bi1, 18 route de Ouanne
• Sainte-Colombe-sur-Loing, en forme de ruche rouge
• Saint-Martin-du-Tertre, près de la Mairie et du Monument aux Morts
Sainte-Pallaye :  
     - Près de la mairie, 2 Grande Rue
     - Place de la République
• Saints-en-Puisaye, place de l'église, ancienne cabine téléphonique
• Saligny, devant chez un particulier, 20 Grande Rue
Seignelay, magasin Atac, 25 rue d'Héry
Sens :
     - Centre social, au début de la Promenade des Champs Plaisants
     - Esplanade Simone et Antoine Veil, Quai Jean Moulin

     - Librairie Calligrammes, 7 Rue Voltaire
     - Parc Du Moulin à Tan, 28 ch. de Babie. En entrant à droite, sous les arbres
     - Parc de la médiathèque, 7 rue René Binet
     - Parking SNCF, Place François Mitterrand
     - Square Jean Cousin, cours Chabonas, proche des jeux pour enfants
• Serbonnes, ancien abribus, 10 rue du Maréchal Leclerc
Sergines, entrée du parc, près de la bibliothèque/conservatoire
• Soucy, près de la bibliothèque, rue Victor Guichard
• Sougères-en-Puisaye, Grande rue de Sougères
• Tannerre-en-Puisaye, 22 rue Saint-Blaise, préau dans la cour de la mairie
• Tonnerre, Rue de l'Hôtel de ville, près de la mairie et du cinéma-théâtre
• Thizy, près de la mairie, 5 rue des Écoliers
• Thorigny-sur-Oreuse, Ruelle de la croix blanche, près des jeux pour enfants
 Toucy, magasin Bi1, 6 Rue de la Chatterie
• Trucy-sur-Yonne, dans l'abribus près de l'église
Vareilles, café/épicerie/brocante Le Maquis de Vareilles, 2 Rue de l'Érable

• Vassy-sous-Pisy, près du lavoir
• Venoy, place du Presbytère
Vermenton :
     - Aire de sport de la Gare, 25 avenue de la Gare
     - École maternelle, 33 Rue Paul Bert
     - Tour du Méridien, sous le porche, 25 rue du Général de Gaulle
• Vernoy, place  de la source, dans l'abribus près des jeux pour enfants
• Vézinnes, 2 Route de Tonnerre, dans la cour de la mairie, n'hésitez pas à pousser la porte !
 Villeblevin, salle d'accueil de la mairie, place Albert Camus
• Villenavotte, 2 rue de l'Église, près de la mairie
• Villeroy (réouverture en janvier 2020, après les travaux), sous l'ancien préau, dans la cour de la mairie, rue de la Bigaserie
• Villiers-Louis, placard à l'entrée de la salle des fêtes, Place de la Mairie
• 
Villiers-sur-Tholon, dans la cour du foyer communal, sous le préau

Vincelles, magasin Atac, route de Vincelottes
• Vireaux, dans l'abribus près de la mairie, Grande Rue
• Voisines, à côté des courts de tennis, rue des Fossés



Les cabanes à livres de Brion place de l'église, Fournaudin, Le Fays et Cheny


Joigny à contre-courant



       Les étagères à livres de Joigny se situent à l’écart, dans des petites rues qui voient passer peu de monde. Elles sont dans des lieux fermés, avec des horaires restreints, comme si elles étaient réservées aux usagers des services en question (piscine, conservatoire, Pôle Formation...). D’ailleurs, on s’interroge : pourquoi n’y a-t-il aucune boîte dans le quartier, dit défavorisé, de La Madeleine ? Et la rive gauche de l’Yonne, avec sa gare et son hôpital, pourquoi a-t-elle été oubliée ? C’est un peu comme si la ville de Joigny voulait montrer certains quartiers, et en cacher d’autres.

       Autre chose : l’emplacement des étagères à livres de Joigny ne respecte pas les usagers des lieux. Au Pôle Formation, l’étagère se trouve dans une salle de repos. Lorsque nous sommes arrivés, toutes les conversations se sont arrêtées d'un coup. C’était très embarrassant pour tout le monde. Heureusement, cette étagère est la plus difficile à atteindre. Il faut déjà oser pénétrer dans cet établissement d’enseignement complètement fermé de l’extérieur. Vous devez ensuite aller vous présenter à la personne de l’accueil, et lui expliquer les raisons de votre présence dans ces lieux. Il faut alors revenir sur vos pas, prendre un couloir jusqu’à une salle de repos. Ce n’est pas la bonne, mais il faut tout de même la traverser pour avoir accès à une seconde salle de pause et, enfin, à l’étagère à livres.
       Autre problème : la presse locale a annoncé que le Pôle Formation possédait trois étagères à livres. C’est une grosse erreur. La seule étagère à disposition du public se trouve au rez-de-chaussée. Les autres sont uniquement destinées aux élèves. Si vous y prenez un livre, vous leur ôtez le matériel pédagogique mis à leur disposition, et vous serez accusé de vol ! Apparemment, cela se produit très régulièrement. Encore une situation de malaise et d’inconfort pour les lecteurs potentiels.

       À Joigny, un jour de semaine, trois étagères à livres sur cinq étaient fermées, plus de la moitié. Le dimanche précédent, à Sens, sur les cinq boîtes que nous avions prévu de voir, une seule était inaccessible. Les étagères de Joigny voient passer un nombre restreint de lecteurs, triés par avance par la destination du lieu visité. Celles de Sens, au contraire, sont accessibles quasi 24h/24, 7 jours sur 7. Elles sont posées directement dans la rue, à des endroits "stratégiques" : à l’entrée du très grand Parc du Moulin à Tan, dans un square du centre-ville ou à la gare par exemple. Toujours dans des espaces ouverts, visibles de loin, et surtout visibles de tous. La boîte à livres des Champs Plaisants à Sens, malgré la réputation de ce quartier populaire, est en très bon état, très propre, bien entretenue, et bien garnie. Sens est une grosse ville à l’échelle de l’Yonne, on pourrait objecter qu’elle a plus de moyens. Mais cela n’a rien à voir avec l’argent. Dans certains villages délaissés, qui n’ont certainement pas les budgets d’une ville comme Joigny, les boîtes sont entretenues, respectées, accessibles à tous, tout le temps, sans condition. Plus qu’une histoire de moyens, les boîtes à livres sont l’expression d’une volonté politique. Elles reflètent la façon dont les élus perçoivent leurs "administrés", et ce qu’ils sont prêts à leur donner (ou pas). Joigny est le seul endroit de l’Yonne qui fait manifestement tout pour trier, voire repousser, ses lecteurs. Cela donne une image détestable de la ville. Mais tant pis pour eux : il y a de quoi faire partout ailleurs, ne vous privez surtout pas de visiter toutes les villes et villages alentour ! 


L'album photos et le diaporama


     Le diaporama dure environ une minute. Il reprend automatiquement du début lorsqu'il a terminé.









Quelques photos supplémentaires :

Brion - La Fourchotte


Cerisiers
Champlay - Le Grand Longueron


Champlay, centre bourg
Cheny, devant le Vival
    
Flogny-la-Chapelle



Le Fays



Vézinnes



Champigny






Pont-sur-Yonne, place du 19-Mars-1962



Soucy
Villenavotte

Voisines
Gisy-les-Nobles


Prunoy

Arces - Hameau Le Charme

Sainte-Colombe-sur-Loing
Châtel-Censoir, dans le lavoir
Sainte-Pallaye, place de l'église
Vermenton - Tour du Méridien































On en parle à la radio !


Le 28 octobre 2019, la radio France Bleu Auxerre s'est intéressée aux boîtes à livres dans l'Yonne. Pour lire le court article (© Radio France - Damien Robine), cliquez ►►► ICI ◄◄◄



Pour écouter la mini-interview (© Radio France - Damien Robine), cliquez ►►► LÀ ◄◄◄, puis cliquez sur la petite flèche rouge pour lancer l'audio.